En 2024, ces baisses de prix ont entraîné une réduction de moitié des achats de médicaments à quote-part différenciée en l’espace d’un an.
Néanmoins, 8 % de tous les achats de principes actifs interchangeables concernent toujours des produits avec quote-part différenciée. Cela représente env. 5,2 millions d’achats en 2024, ce qui correspond à un volume de marché de plus de 290 millions de francs. Une substitution complète par les produits d’imitation les moins chers aurait pu générer une économie supplémentaire d’environ 65 millions de francs en 2024 – et ce, sans aucune perte de qualité. L’abandon de Gilenya®, Janumet®, Keppra® et Atozet® aurait permis à lui seul d’économiser plus de 15 millions de francs.
L’une des raisons possibles pour lesquelles de nombreux patients ont continué à utiliser le produit original malgré l’augmentation de la franchise différenciée pourrait être la suivante : la franchise différenciée reste plafonnée. Concrètement, cela signifie que la franchise peut augmenter jusqu’à un maximum de 1120 francs (au lieu de 700 francs). Dans la pratique, les bénéficiaires de préparations originales hors de prix paient donc un supplément difficilement calculable de 420 francs par an au maximum. Afin d’exploiter pleinement le potentiel d’économies de la réforme, il faudrait supprimer le plafonnement de la quote-part différenciée. Cela inciterait tous les patients à opter à long terme et de manière compréhensible pour des produits génériques moins chers.
Génériques et biosimilaires : une part de marché en croissance lente
La proportion de génériques et de biosimilaires achetés peut être déterminée sur la base du taux de produits d’imitation. Un taux de produits d’imitation de 25 % signifie qu’un quart des achats d’un principe actif concerne des produits d’imitation, tandis que trois quarts restent sur le produit original. Il est souhaitable d’atteindre un taux de produits d’imitation élevé, car les génériques et les biosimilaires sont généralement moins chers que les produits originaux, et ce pour une efficacité équivalente.
Malgré cet avantage de prix, les taux de produits d’imitation en Suisse n’ont augmenté que lentement ces dernières années (+0,6 % par trimestre pour les génériques et +1,1 % par trimestre pour les biosimilaires). La réforme de 2024 leur a toutefois donné un élan supplémentaire : ainsi, le taux de génériques est passé de 65,6 % à 69,6 % (+4,0 %) entre le dernier trimestre 2023 et le premier trimestre 2024, tandis que le taux de biosimilaires est même passé de 27,7 % à 34,8 % (+7,1 %). Par la suite, les taux ont continué d’augmenter au cours de l’année 2024 pour atteindre 71,3 % pour les génériques et 40,9 % pour les biosimilaires. En particulier pour les biosimilaires, le taux de produits d’imitation reste toutefois à un faible niveau.
Malgré cette tendance positive, les taux de produits d’imitation peuvent encore s’améliorer et le potentiel de promotion des génériques et des biosimilaires n’est donc pas encore épuisé.