Rapport sur les médicaments 2025
La hausse des coûts des médicaments se poursuit

Les coûts des médicaments dans l’assurance obligatoire des soins (AOS) continuent d’augmenter. Avec une hausse de 3,6 % ou 323 millions de francs par rapport à l’année précédente, ils s’élevaient déjà à 9,4 milliards de francs en 2024. Les médicaments demeurent ainsi un poste de coûts central et en constante augmentation pour l’AOS. La hausse des coûts est liée au manque de transparence dans le processus de fixation des prix et à la rareté des contrôles de prix des nouveaux médicaments onéreux. Il existe toutefois des moyens de contrer cette tendance. En outre, les mesures introduites en 2024 pour promouvoir les produits d’imitation montrent certes des effets, mais n’atteignent pas leurs objectifs d’économie jusqu’à présent. De plus, il n’existe actuellement aucune preuve d’un déficit structurel de prise en charge spécifique au sexe en cas d’infarctus du myocarde et de dépression. Les connaissances scientifiques restent insuffisantes pour un traitement ciblé en fonction du sexe.


Des médicaments toujours plus nombreux et toujours plus chers

 

De plus en plus de médicaments sont délivrés en Suisse. En 2024, près de 7 millions de personnes, soit plus des trois quarts de la population suisse, ont acheté au moins un médicament par le biais de l’assurance-maladie obligatoire. Le nombre de bénéficiaires a augmenté de 2,3 % et le nombre de boîtes distribuées même de 2,9 %. Cela signifie que de plus en plus de personnes achètent des médicaments et que le nombre moyen de boîtes délivrées par personne a également augmenté. En moyenne, cela représente 20 boîtes par personne et par an.
Dans le même temps, les nouveaux médicaments deviennent de plus en plus chers. Les anciennes préparations bon marché sont souvent remplacées par de nouvelles préparations plus onéreuses. Ces effets de volume et de prix entraînent une hausse sensible des coûts.

 

Hausse débridée des coûts des médicaments


Quelle:  Helsana
Évolution des coûts des médicaments dans le domaine ambulatoire de l’assurance de base

Hausse des prix malgré peu d’innovation

 

Fin 2024, 1287 médicaments figuraient sur la La liste des spécialités est une liste de tous les médicaments pris en charge par l’assurance obligatoire des soins. liste des spécialités. Toutefois, ces médicaments génèrent des frais très variables. Les dix médicaments les plus onéreux ont engendré des frais de 1,13 milliard de francs, soit plus de 12 % des coûts totaux des médicaments, dont 5 % rien que pour les trois préparations Keytruda pour le traitement du cancer, Eylea pour le traitement de la dégénérescence maculaire humide et Xarelto, un anticoagulant. Ceux-ci ont généré ensemble des frais de plus de 467 millions de francs. À titre de comparaison, il y a cinq ans, les dépenses pour les trois préparations les plus coûteuses s’élevaient encore à 396 millions de francs, contre 288 millions de francs il y a dix ans. Il est donc essentiel de mettre en œuvre de manière systématique les modèles d’impact budgétaire prévus, qui incluent des remboursements en fonction du chiffre d’affaires pour les préparations très coûteuses, et les appliquer de manière cohérente.

 

Les trois médicaments les plus coûteux en 2024

Quelle: Helsana

Les chiffres les plus importants en un coup d'œil

modèle de prix secret
* Médicament pas encore dans la liste des spécialités
Source : Helsana

L’une des principales raisons de l’augmentation constante du coût des médicaments est le fait que les nouveaux produits autorisés sont commercialisés à des prix toujours plus élevés. Alors qu’entre 2010 et 2014, un médicament nouvellement autorisé coûtait en moyenne 860 francs, entre 2020 et 2024, ce prix dépassait déjà 1500 francs.

Cela correspond à presque un doublement en dix ans, même pour les produits sans potentiel d’innovation. Ainsi, les 28 médicaments nouvellement inscrits sur la liste des spécialités en 2024 ont déjà engendré des coûts de 59 millions de francs, la moitié de ces préparations ayant un prix de vente supérieur à 2000 francs. Seuls quatre de ces médicaments peuvent toutefois être considérés comme des innovations potentielles.

 

Hausse du niveau des prix : une tendance à long terme

Quelle: Helsana
Niveau de prix moyen des nouveaux médicaments sur la liste des spécialités (LS)

L’OFSP ne réexamine le prix d’un médicament que tous les trois ans afin de le baisser dans la mesure du possible. Les baisses de prix des médicaments coûteux sont donc bien trop rares pour pouvoir compenser les prix d’introduction sur le marché, toujours plus élevés.

Fixation des prix des médicaments en Suisse : manque de transparence et prix indicatifs excessifs

En Suisse, les prix des médicaments sont négociés entre l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et les fabricants concernés. Afin de déterminer un « prix économique » remboursé par l’assurance maladie obligatoire, une comparaison avec les prix pratiqués à l’étranger (comparaison des prix à l’étranger) et une comparaison des prix avec les alternatives thérapeutiques déjà disponibles (comparaison thérapeutique transversale) sont effectuées. Les deux valeurs ainsi déterminées sont prises en compte à parts égales (50 %) dans le processus de fixation des prix. En outre, le fabricant peut demander une majoration pour innovation, par exemple si le médicament présente une efficacité nettement supérieure.

Pour la comparaison des prix à l’étranger, l’OFSP se base souvent sur les prix dits « vitrine ». Il s’agit de prix artificiellement surévalués, mais publiés officiellement, d’un médicament. Le recours aux prix vitrine s’explique par le fait que les prix réellement payés à l’étranger sont tenus secrets. Ce secret est avantageux pour les entreprises pharmaceutiques, car il leur permet de mener les négociations de prix sur la base des prix vitrine surévalués.

Pour contrer la hausse des coûts des médicaments, il faudrait renoncer à l’utilisation des prix d’affichage étrangers et procéder à une révision annuelle des prix des médicaments coûteux par l’OFSP.

Promotion des produits d’imitation – les génériques et biosimilaires

Bien que les produits d’imitation, c’est-à-dire les génériques et les biosimilaires, soient dans la plupart des cas équivalents sur le plan thérapeutique, mais nettement moins chers que les préparations originales, la Suisse n’exploite pas systématiquement leur potentiel d’économie. Ce thème est important, car il existerait des produits d’imitation pour près d’un tiers de l’ensemble des principes actifs inscrits sur la liste des spécialités. Ce volume de marché s’élève à environ 3 milliards de francs.

 

Qu’est-ce qu’un produit d’imitation ?

 
Les produits d’imitation sont des médicaments qui arrivent sur le marché après l’expiration du brevet d’une préparation originale et qui ont le même effet et offrent la même sécurité – mais à un prix nettement plus bas. On distingue les génériques des biosimilaires.
 
Les génériques sont des copies fabriquées chimiquement avec un principe actif, un dosage et une forme galéniques identiques. Ils diffèrent tout au plus au niveau des adjuvants tels que les colorants ou les conservateurs, mais doivent avoir le même effet sur l’organisme (c’est-à-dire être bioéquivalents). La preuve de cette bioéquivalence est suffisante pour l’autorisation et aucune étude clinique propre n’est requise.
 
Les biosimilaires sont des produits d’imitation de médicaments biologiques issus de cellules vivantes. En raison de la complexité de la fabrication, de petites différences structurelles sont inévitables, mais elles ne nuisent pas à l’efficacité et à la sécurité. Leur autorisation de mise sur le marché nécessite des études précliniques et cliniques approfondies afin de démontrer la comparabilité avec l’original.

C’est pourquoi plusieurs nouveautés législatives sont entrées en vigueur en 2024. Elles avaient toutes pour objectif d’encourager la distribution de produits d’imitation moins chers afin de contrer la hausse des coûts des médicaments soumis à ordonnance. Les principales nouveautés étaient la nouvelle réglementation de la part relative à la distribution et l’augmentation de la « quote-part différenciée ». L’aperçu fournit plus de détails sur les différentes modifications réglementaires.

Quote-part différenciée

En cas de dépassement de la franchise, les personnes assurées paient une quote-part de 10 % jusqu’à un montant maximal de 700 francs par an (enfants : 350 francs). Une quote-part relevée à 40 % s’applique depuis le 1er janvier 2024 aux médicaments originaux onéreux pour lesquels il existe des produits d’imitation moins chers. Sont considérés comme « onéreux » les médicaments originaux dont le prix est supérieur de 10 % à la moyenne du tiers le plus avantageux. Cette mesure vise à inciter les personnes assurées à opter pour des alternatives moins chères afin de réduire les coûts de la santé.
Remarque : bien que seuls 25 % des 40 % de la quote-part payée soient imputés à la quote-part maximale, la limite supérieure de 700 francs reste inchangée. Concrètement, cela signifie que les personnes assurées ne paient jamais plus de 420 francs supplémentaires. C’est un problème, car le calcul concret pour les personnes assurées est complexe et la charge financière reste limitée.

Écart de prix plus important pour les génériques et les biosimilaires

Depuis le 1er janvier 2024, des baisses de prix plus élevées s’appliquent aux génériques et aux biosimilaires. Exemple : les génériques réalisant un chiffre d’affaires moyen (de 4 à 8 millions de francs) doivent désormais être 40 % moins chers que le médicament original (contre 30 % auparavant). Même lors du contrôle des prix, les baisses augmentent de 5 points de pourcentage à tous les niveaux de chiffre d’affaires. Désormais, les biosimilaires sont également évalués en fonction du chiffre d’affaires, comme les génériques, avec des baisses de 20 à 35 % lors de l’admission sur la liste et de 10 à 20 % lors de la vérification. Si plus aucun original ne figure sur la liste des spécialités (LS), une comparaison thérapeutique avec d’autres génériques est effectuée. Cette mesure vise à accroître la concurrence et à faire baisser les prix des médicaments. Le problème pourrait être que les fabricants de médicaments originaux soient soumis à des pressions pour réduire considérablement leurs prix, ce qui pourrait entraîner une spirale à la baisse des prix et mettre en péril le marché de certains principes actifs.

Droit de substitution désormais également pour les biosimilaires

Depuis le 1er janvier 2024, les pharmacies sont désormais également autorisées à délivrer des biosimilaires à la place des préparations originales. Ceci à condition que le principe actif, la posologie et la forme galénique soient identiques et que l’ordonnance n’exclue pas une substitution. Jusqu’à présent, ce droit ne s’appliquait qu’aux génériques. L’objectif est d’encourager l’utilisation des biosimilaires et de réduire ainsi les frais de santé.

Nouvelle réglementation concernant la part relative à la distribution

La part de distribution couvre les frais logistiques et de distribution et se compose d’une part variable et d’une part fixe. Jusqu’à présent, la part de distribution était donc plus élevée pour les médicaments coûteux que pour les médicaments bon marché. Depuis le 1er juillet 2024, une part de distribution variable uniforme, basée sur le prix moyen des génériques, s’applique aux médicaments contenant le même principe actif. Les pharmacies reçoivent ainsi la même rémunération, qu’elles délivrent un médicament original ou générique. De plus, les modèles de calcul ont été simplifiés : moins de classes de prix, réduction de la majoration variable et adaptation des majorations par emballage. Cela se traduit par une baisse des prix des médicaments onéreux, mais aussi par une augmentation des majorations pour les médicaments bon marché. L’objectif premier était d’éliminer les incitations inopportunes à délivrer des médicaments coûteux et de réduire les coûts globaux. Cependant, les suppléments liés à l’emballage ont augmenté pour les médicaments bon marché, ce qui peut entraîner une hausse des prix des médicaments fréquemment utilisés.

La franchise différenciée est efficace, mais présente encore un potentiel d'amélioration

Les médicaments originaux onéreux peuvent être soumis à une quote-part différenciée. Celle-ci est plus élevée que la quote-part ordinaire, raison pour laquelle ces produits sont plus chers pour les personnes qui les achètent. Cette règle doit inciter à utiliser davantage de produits d’imitation moins coûteux ayant le même effet. La quote-part différenciée a été augmentée en 2024.
Afin d’éviter la franchise différenciée majorée, de nombreux fabricants d’origine ont probablement été contraints de baisser leurs prix. En effet, la franchise différenciée ne s’applique que si le prix d’un médicament dépasse le prix moyen du tiers le moins cher de toutes les préparations contenant le même principe actif, majoré de 10 %. Le fait que le prix moyen des préparations originales qui ne faisaient pas l’objet d’une franchise différenciée début 2023 n’ait baissé que d’environ 9 % entre 2023 et 2025 plaide en faveur d’une baisse des prix de la part des fabricants d’origine. En revanche, la baisse des prix des préparations originales soumises à une franchise différenciée a été plus que doublée au cours de la même période, atteignant environ 19 %.
Si les fabricants de médicaments originaux ont pu baisser leurs prix à ce point, on peut supposer que leurs prix étaient auparavant nettement trop élevés. Ainsi, pour l’anticorps monoclonal « rituximab », par exemple, l’écart de prix moyen entre l’original « Mabthera » et les génériques les moins chers s’est maintenu à 23,9 % entre 2020 et 2023. En 2024, cet écart est soudainement tombé à seulement 9,2 %.

 

Nette baisse des achats avec quote-part majorée

Quelle: Helsana
Part des achats avec quote-part majorée parmi tous les achats de principes actifs interchangeables, 2022-2024

En 2024, ces baisses de prix ont entraîné une réduction de moitié des achats de médicaments à quote-part différenciée en l’espace d’un an.
Néanmoins, 8 % de tous les achats de principes actifs interchangeables concernent toujours des produits avec quote-part différenciée. Cela représente env. 5,2 millions d’achats en 2024, ce qui correspond à un volume de marché de plus de 290 millions de francs. Une substitution complète par les produits d’imitation les moins chers aurait pu générer une économie supplémentaire d’environ 65 millions de francs en 2024 – et ce, sans aucune perte de qualité. L’abandon de Gilenya®, Janumet®, Keppra® et Atozet® aurait permis à lui seul d’économiser plus de 15 millions de francs.
L’une des raisons possibles pour lesquelles de nombreux patients ont continué à utiliser le produit original malgré l’augmentation de la franchise différenciée pourrait être la suivante : la franchise différenciée reste plafonnée. Concrètement, cela signifie que la franchise peut augmenter jusqu’à un maximum de 1120 francs (au lieu de 700 francs). Dans la pratique, les bénéficiaires de préparations originales hors de prix paient donc un supplément difficilement calculable de 420 francs par an au maximum. Afin d’exploiter pleinement le potentiel d’économies de la réforme, il faudrait supprimer le plafonnement de la quote-part différenciée. Cela inciterait tous les patients à opter à long terme et de manière compréhensible pour des produits génériques moins chers.

 

Génériques et biosimilaires : une part de marché en croissance lente

La proportion de génériques et de biosimilaires achetés peut être déterminée sur la base du taux de produits d’imitation. Un taux de produits d’imitation de 25 % signifie qu’un quart des achats d’un principe actif concerne des produits d’imitation, tandis que trois quarts restent sur le produit original. Il est souhaitable d’atteindre un taux de produits d’imitation élevé, car les génériques et les biosimilaires sont généralement moins chers que les produits originaux, et ce pour une efficacité équivalente.
Malgré cet avantage de prix, les taux de produits d’imitation en Suisse n’ont augmenté que lentement ces dernières années (+0,6 % par trimestre pour les génériques et +1,1 % par trimestre pour les biosimilaires). La réforme de 2024 leur a toutefois donné un élan supplémentaire : ainsi, le taux de génériques est passé de 65,6 % à 69,6 % (+4,0 %) entre le dernier trimestre 2023 et le premier trimestre 2024, tandis que le taux de biosimilaires est même passé de 27,7 % à 34,8 % (+7,1 %). Par la suite, les taux ont continué d’augmenter au cours de l’année 2024 pour atteindre 71,3 % pour les génériques et 40,9 % pour les biosimilaires. En particulier pour les biosimilaires, le taux de produits d’imitation reste toutefois à un faible niveau.
Malgré cette tendance positive, les taux de produits d’imitation peuvent encore s’améliorer et le potentiel de promotion des génériques et des biosimilaires n’est donc pas encore épuisé.
 

Lente hausse du taux de produits d’imitation

Quelle: Helsana
Taux de produits d’imitation pour les génériques et les biosimilaires, 2022-2024 

 

Objectifs d’économies manqués

Au total, l’OFSP souhaitait, grâce aux nouvelles dispositions légales de 2024, réaliser des économies annuelles de 250 millions de francs dans le domaine des principes actifs interchangeables.

Si l’on compare la tendance à la baisse à long terme du coût total des principes actifs interchangeables avec l’évolution réelle des coûts en 2024, on constate effectivement une nette tendance à la prescription accrue de génériques et de biosimilaires. Les effets les plus marqués se sont manifestés début 2024 avec l’augmentation de la quote-part différenciée. Ils résultent principalement d’un transfert des volumes vers des préparations moins chères et d’une réduction des prix des produits originaux.

Toutefois, seules des économies estimées à environ 76 millions de francs ont été réalisées jusqu’à présent pour l’année 2024. Sur ce montant, environ un tiers, soit 26 millions de francs, est imputable aux génériques et les deux autres tiers, soit 50 millions de francs, aux biosimilaires. L’objectif global d’économies de 250 millions de francs fixé par l’OFSP n’a donc pas (encore) été atteint, mais certaines innovations ne devraient produire leurs effets que dans les années à venir.

Pour réaliser les 250 millions de francs d’économies escomptés, un effort supplémentaire est toutefois nécessaire. L’OFSP disposerait d’instruments applicables et efficaces à cet effet, par exemple en supprimant le plafond de la quote-part pour les médicaments avec une quote-part différenciée.

Médecine de genre

Des différences entre les sexes peuvent se manifester dans de nombreux domaines de la médecine. Par exemple en ce qui concerne l’intensité des symptômes de maladies, leur fréquence d’occurrence ou encore la La pharmacocinétique décrit la manière dont un médicament est absorbé, distribué, métabolisé et éliminé dans l’organisme.pharmacocinétique des médicaments. La branche émergente de la médecine de genre étudie systématiquement ces différences entre les hommes et les femmes. Depuis mai 2024, l’Université de Zurich possède la première chaire de Suisse dans ce domaine.
La recherche sur les services de santé est un domaine de la médecine de genre. Il s’agit d’un champ interdisciplinaire qui analyse les structures, les processus et les résultats des soins de santé dans des conditions quotidiennes. L’analyse des différents schémas de traitement entre les femmes et les hommes en est un exemple. Les données de facturation d’Helsana permettent de déterminer la fréquence de prescription des médicaments. Il est ainsi possible d’identifier les différences de traitement et, le cas échéant, les lacunes en matière de soins entre les femmes et les hommes.

 
 

Traitement médicamenteux en cas d’infarctus du myocarde

Par exemple, nos analyses ont montré qu’avant un infarctus du myocarde, les hommes étaient un peu plus souvent traités avec des hypocholestérolémiants (p. ex. des statines) et des antiagrégants plaquettaires (p. ex. l’aspirine) que les femmes, mais moins souvent avec des hypotenseurs tels que les inhibiteurs de l’ECA ou les bêta-bloquants.

 

Infarctus du myocarde : moment fatal et rupture dans le traitement médicamenteux

Quelle: Helsana
Part des patientes et patients traité·e·s avant et après un infarctus du myocarde, par groupe de médicaments

Après un infarctus du myocarde, les femmes comme les hommes bénéficient d’un traitement médicamenteux beaucoup plus intensif. En moyenne, les hommes reçoivent un traitement plus élaboré que les femmes. Il serait toutefois prématuré de conclure à un déficit de soins sur la base de ces données : les données des assureurs-maladie ne contiennent pas d’informations cliniques importantes qui déterminent si un médicament est indiqué, p. ex. à cause d’autres comorbidités, ou s’il est toléré par les patientes et patients.
 
 

Antidépresseurs

Les troubles psychiques tels que la dépression sont nettement plus fréquents chez les femmes que chez les hommes et les femmes recourent aussi plus souvent à un traitement professionnel. Ainsi, les jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans prennent plus de deux fois plus d’antidépresseurs que les hommes du même âge. Cette tendance se maintient dans toutes les classes d’âge.

 

Taux d’achat d’antidépresseurs nettement plus élevé chez les femmes

Quelle: Helsana
Personnes ayant acheté des antidépresseurs, selon l’âge et le sexe

La littérature a déjà décrit des différences potentielles dans le métabolisme des antidépresseurs entre les femmes et les hommes. Néanmoins, nos données montrent que les deux sexes reçoivent des doses similaires. Le dosage choisi semble dépendre davantage du médicament choisi et moins du sexe de la personne traitée.

 

La préparation est plus décisive que le sexe

Quelle: Helsana
Posologie (faible, moyenne, élevée) de sertraline et d’escitalopram au début du traitement

Ce résultat n’est pas surprenant. Il n’existe actuellement pas (encore) de directives de traitement prévoyant des ajustements posologiques spécifiques au sexe. Les résultats peuvent toutefois servir d’impulsion à d’autres recherches en médecine de genre, afin de permettre un traitement le plus ciblé possible pour l’ensemble des patientes et patients.

Téléchargements

Vous trouverez des informations détaillées, y compris la méthodologie appliquée, des chiffres complets ainsi que de nombreux graphiques et faits relatifs aux thèmes et chapitres spéciaux susmentionnés, dans le « Rapport Helsana : médicaments 2025».

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